3 avr. 2017

Vous êtes le Capitaine: Michel De Lisle nous parle de sa participation à la Caribbean 1500

 

Pour cette première rubrique de Vous êtes le capitaine, l'AMQ a réalisé une entrevue avec Michel De Lisle. Ce plaisancier québécois revient de la Caribbean 1500, la plus longue course de ce type en Amérique du Nord, qui a eu lieu au mois de novembre dernier. Plus de 200 participants ont fait partie de cette course en haute mer qui consistait à rallier la ville de Portsmouth (Virgine) à Marsh Harbour située dans les Bahamas.

Pouvez-vous vous présenter?

Je suis originaire de Montréal, mais je réside à Shefford depuis maintenant 23 ans. J’ai 63 ans et je pratique la voile depuis bientôt 45 ans. J’ai eu la piqûre dès mon adolescence en pratiquant sur des dériveurs légers, mais j’ai surtout appris en imitant les manœuvres d’autres navigateurs plus expérimentés.

Est-ce par défi que vous avez décidé de participer à cette régate dans les Caraïbes?

C’est sûr que j’apprécie ce genre de défi, mais pour être honnête, je me suis retrouvé dans cette aventure un peu par hasard. C’est en fait ma conjointe qui est tombée sur un message d’un capitaine qui recherchait des équipiers pour cette course en haute mer. Je suis donc rentré en contact avec Robert Éthier et ça a tout de suite cliqué entre nous. J’ai ensuite fait part de ce projet à mon partenaire de croisière Richard Bourdages et nous avons ensuite rencontré Robert et son épouse, Pétra. De là, tout est allé très vite. Robert avait organisé une sortie de deux jours à bord de son voilier qu’il comptait utiliser pour la course, un Bavaria 46 Vision. Il nous a laissé le contrôle total à Richard et moi pour voir si on était capable de faire partie de son équipage. Quarante-huit heures plus tard, nous étions tous convaincus Robert, Pétra, Richard et moi qu’on ferait une bonne équipe. En passant nous étions la seule équipe québécoise inscrite pour l’édition 2016 de la Caribbean 1500!

Parlez-nous des préparatifs avant le départ de la course?

Je veux d’abord préciser que malgré toute mon expérience de la voile, je n’avais jamais fait de course en haute mer. Heureusement pour moi, j’accompagnais des gens expérimentés et qui connaissaient bien leur embarcation. Dans un premier temps, nous avons passé beaucoup de temps à discuter des détails de la course. Nous avions décidé de faire des tours de garde par groupes de deux à raison de 4 heures pour chaque groupe de jour comme de nuit. Côté sécurité, le voilier et chacun des membres de l’équipage portaient une balise afin de pouvoir être suivis en tout temps sur l’océan. Enfin, des hélicoptères de la garde côtière restaient sur appel en cas d’incident durant la course. Ça, c’est pour l’organisation à bord. Ensuite, il nous fallait préparer le voilier pour la compétition, mais aussi pour le voyage de deux ans que Robert et sa conjointe aller entreprendre au terme de la course. Ça nous a donc pris plus de temps que les autres équipes, mais nous sommes avons été prêts dans les temps.

Parlez-nous de votre expérience de la course maintenant. Quels ont été les imprévus, les défis, les moments de satisfaction qui ont rythmé votre aventure?

Nous avons dû prendre le large avec un jour d’avance, le samedi 5 novembre, à cause d’une dépression prévue sur notre itinéraire. Dès le départ, nous prenions une bonne avance sur nos concurrents, mais la tombée soudaine du vent a contraint tous les participants à naviguer pendant un moment avec le moteur.

Au beau milieu de l’océan, on est passé par toutes sortes de situations. Il fallait constamment surveiller les cargos pour éviter une collision. Mais, l’un des souvenirs les plus marquants que je conserve de cette aventure c’est sans doute ma confrontation avec des murs d’eau de 10 pieds de haut sur 500 de large! Même avec un équipage expérimenté, on se sent tout petit et on apprend à faire avec ce genre de conditions. Le reste de la traversée a été plutôt calme. À l’approche des Bahamas, nous avons eu une marée basse ce qui nous a légèrement retardés pour rentrer aux quais. Pourtant, cela ne nous a pas empêché de terminer en première position dans la catégorie Cruising de classe A en réalisant le meilleur temps.

 

Vous avez donc été récompensé?

Oui et pas qu’une fois. Nous sommes les seuls à avoir reçu la médaille du Navigators Award en plus de la mention The Spirit of the ARC qui récompensait l’équipage avec la meilleure ambiance à bord. En tant que seul équipage québécois de cette course impressionnante, on était pas mal fier de ramener cette médaille et cette mention avec nous.

 

Quelle est la suite pour vous et votre équipage?

En ce qui me concerne, je pense que je retenterai l’expérience en haute mer, mais pas tout de suite. Je viens de vendre mon bateau à Richard, mais je me suis assuré de pouvoir pratiquer un peu de voile sur le fleuve cet été avec lui.

Pour ce qui est de Robert et de Pétra, au moment où on se parle, ils sont encore dans les Caraïbes. Ils se sont donnés un peu plus d’un an pour parcourir l’océan Atlantique avant de revenir au Québec.

 

Pour terminer est ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur l’AMQ?

Pour ma part, je suis assez admiratif du travail réalisé par l’AMQ pour soutenir la communauté nautique. J’ai renouvelé mon membership en février dernier. C’est pour moi une façon de rester toujours en contact avec des personnes que je considère comme une seconde famille où que j’aille. Parmi les bons souvenirs de la course, j’ai notamment apprécié l’esprit d’entraide et d’échange de conseils qui existe chez les plaisanciers et que je retrouve en adhérant à l’AMQ. Je trouve que c’est une belle façon de soutenir un organisme sans but lucratif dont le mandat consiste à faire la promotion du nautisme chez nous.

 

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